Rétro-ingénierie de boîtiers : des rendus film en JPEG, sans Lightroom
Faire sortir à de vieux boîtiers Nikon et Pentax, directement en JPEG, les rendus que l'on va d'habitude chercher dans Lightroom.
Le problème
Classic Chrome, Tri-X, Portra, Kodachrome : pour avoir ces rendus, il faut acheter le boîtier qui les a, ou passer chaque photo dans Lightroom. J’avais de vieux boîtiers au capteur excellent et au rendu quelconque.
Ce que ça fait
Quatre boîtiers sortent maintenant de vrais JPEG « film » sans retouche : un Nikon D40 (2006) et un D200 (2005), au firmware modifié, un D750 (neuf réglages chargés par USB) et un Pentax 645D (quatre réglages chargés par USB). Une photo des quatre réglés sur le Classic Chrome, côte à côte, se distingue à peine : j’ai mis les lecteurs au défi.
Comment ça marche
Chaque rendu suit la même méthode. On calcule d’abord la cible : à quoi la photo ressemblerait avec le film imité. On mesure ensuite ce que les réglages du boîtier savent faire. Un calcul trouve le réglage le plus proche, mesuré en écart de couleur perçu (ΔE2000). Le réglage entre dans le boîtier par l’une de deux voies : un firmware modifié sur les deux plus anciens, un chargement par USB sur les deux autres. Enfin je photographie une vraie scène et je compare le JPEG sorti du boîtier à la cible, zone par zone. Si l’écart reste trop grand, on affine et on recommence.
Qui fait quoi
le schéma en texte
- La cible : le rendu visé, calculé depuis le RAW de la scène.
- Le modèle du boîtier : ce que ses réglages peuvent produire, mesuré sur de vraies photos.
- Le calcul : choisit le réglage le plus proche de la cible.
- La voie firmware (D40, D200) : les tables de rendu du firmware sont modifiées, avec les sommes de contrôle recalculées.
- La voie USB (D750, 645D) : le Mac écrit les réglages dans le boîtier et pilote les séances d’essai.
- Le boîtier : fabrique le JPEG.
- La vérification : compare le résultat à la cible et ferme la boucle.
- Claude Code : j’ai fait ce travail avec lui, et le dépôt contient une consigne pour qu’une IA refasse la démarche sur un autre boîtier.
Ce que vous pouvez récupérer
Le dépôt GitHub est public : la méthode générale, la consigne pour une IA, les recettes des quatre boîtiers et deux firmwares prêts à flasher (D40 et D200, fournis sans garantie, droits de Nikon réservés). Les outils sont écrits en Python, avec Swift pour le pilotage USB, et mon travail est sous licence CC BY-NC-SA 4.0 (usage non commercial). Le dépôt vous est aussi envoyé par mail depuis la page du sujet. Je ne détaille pas ici la procédure de flash : elle est dans le dépôt, avec ses limites.
Ce que j'en retiens
Le plus utile n’a pas été le code mais la mesure : tant qu’on juge à l’œil, on tourne en rond. Dès qu’on a un chiffre d’écart, la boucle d’essais devient presque mécanique. J’ai aussi appris qu’un résultat bizarre vient souvent du protocole (une balance des blancs en automatique) plutôt que de la recette.
Le dépôt complet avec la méthode, les recettes de chaque boîtier et les firmwares D40 et D200 prêts à flasher, envoyé par mail depuis la page du sujet.
Images
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Un même sujet photographié par quatre boîtiers avec le rendu Classic Chrome recréé en JPEG direct. -
Roue de teintes servant à mesurer comment un boîtier déplace chaque couleur.